Ce qu’on peut faire avant un sinistre, pendant, et les semaines qui suivent. Points d’eau, animal réfugié dans un jardin, qui appeler et dans quel ordre.
Avant
Ce qui se prépare hors urgence sauve plus d’animaux que ce qui s’improvise le jour du feu. Six gestes, tous réalisables dans un jardin ordinaire.
Laisser un point d’eau à disposition
Une coupelle large et peu profonde, posée au sol pour les hérissons et les insectes, une seconde en hauteur pour les oiseaux.
Ajoutez-y des pierres et des branches : sans elles, les plus petits animaux tombent et se noient. C’est l’erreur la plus fréquente.
Changez l’eau chaque jour pour limiter les risques bactériologiques, et placez le point à l’ombre. Une eau tiède et stagnante fait plus de mal que de bien.
Le geste le plus utile de la liste, et le moins coûteux.Planter des espèces végétales natives
Un noisetier, un sureau, une aubourne ou une aubépine nourrissent la faune locale. Un thuya ou un laurier-palme ne nourrissent rien.
Les espèces du secteur produisent des fruits au bon moment et abritent les insectes dont dépendent oiseaux et petits mammifères. C’est une action lente, et c’est celle qui tient dans le temps.
Débroussailler sans vider le terrain
Le débroussaillement réglementaire autour des habitations reste obligatoire, et il protège aussi les animaux qui vivent à proximité.
Gardez un tas de bois, un tas de pierres et un coin d’herbe haute en fond de parcelle : ce sont les abris. Évitez la période de mars à août, où la plupart des espèces élèvent leurs jeunes.
Poser ses points d’eau et ses abris sur la carte
Un point posé aujourd’hui sert à quelqu’un d’autre le jour du feu.
C’est ce qui permet aux bénévoles de faire une tournée de recharge au lieu de chercher au hasard, et aux secours de savoir où les animaux se rassemblent.
Préparer l’évacuation de ses propres animaux
Une caisse de transport par animal, rangée à hauteur d’homme, pas au fond d’un grenier.
Un chat qui n’entre jamais dans sa caisse n’y entrera pas sous la fumée. Sortez-la une semaine avant l’été et laissez-la ouverte dans la pièce de vie.
Noter les numéros avant d’en avoir besoin
Centre de sauvegarde de la faune sauvage le plus proche, vétérinaire de garde, mairie.
L’annuaire de la carte les tient à jour, et fonctionne aussi sans compte.
Pendant
Pendant un sinistre, la règle est de faire peu, et de le faire bien. La plupart des animaux se sauvent seuls si on ne les empêche pas.
Un animal sauvage s’est réfugié près de chez vous
Aménagez-lui un espace au calme, sans passage, à l’ombre, avec de l’eau à portée.
Laissez l’espace nécessaire pour qu’il puisse fuir : un animal qui se sent piégé se blesse en cherchant à sortir.
Ne cherchez pas à le voir, ne le photographiez pas de près, tenez les chiens et les enfants à distance. Un animal qui se repose récupère ; un animal observé repart épuisé.
Ne l’approchez pas, et laissez-lui toujours une issue.De l’eau d’abord, la nourriture ensuite
Un animal en fuite est déshydraté bien avant d’avoir faim.
Ne donnez ni lait, ni pain, ni restes de table. Le lait de vache provoque des diarrhées mortelles chez presque tous les mammifères sauvages, hérissons compris.
Manipuler seulement si l’animal est en danger immédiat
Gants épais, carton percé de trous, serviette pour couvrir la tête. L’obscurité et le silence calment ; la voix et la lumière aggravent le stress.
Jamais de cage grillagée pour un oiseau, les plumes s’y détruisent en quelques heures. Pas d’eau ni de nourriture dans le carton pendant le transport.
Qui appeler, et dans quel ordre
Le centre de sauvegarde de la faune sauvage en premier : il est le seul habilité à soigner et à garder un animal sauvage.
Un vétérinaire ensuite, pour un premier geste ou une euthanasie si l’animal souffre.
Les pompiers ne se déplacent pour un animal qu’en second appel, et jamais au détriment d’une urgence humaine. C’est normal, et il faut en tenir compte.
Ne pas gêner les secours
Pas de véhicule sur les pistes, pas de drone au-dessus d’un front actif : un drone cloue les moyens aériens au sol.
Un signalement posé sur la carte vaut mieux qu’un déplacement personnel dans un secteur en feu.
Attention au sol, même après le passage du feu
Le goudron et le sable gardent la chaleur des heures après le front, et brûlent les coussinets à partir de cinquante-deux degrés.
Le calque « Chaleur du sol » de la carte donne la température réelle des rues et des chemins, heure par heure.
Après
Les semaines qui suivent comptent autant que le jour du feu : l’eau, les abris et la nourriture naturelle ont disparu en même temps.
Laisser l’eau en place plusieurs semaines
Les points d’eau naturels mettent des mois à revenir, et les animaux survivants se concentrent autour des rares points tenus.
Un point d’eau abandonné au bout de trois jours fait plus de mal que s’il n’avait jamais existé : les animaux ont appris à compter dessus.
C’est la période où les tournées de recharge comptent le plus.Signaler les animaux blessés, et aussi ceux qui sont morts
Un animal mort signalé renseigne sur les espèces touchées et évite qu’un autre bénévole refasse le trajet pour rien.
Ne le manipulez pas à mains nues. Sur une espèce protégée, l’enlèvement est encadré : signalez, ne déplacez pas.
Ne pas replanter tout de suite, ni n’importe quoi
Le sol nu se recolonise seul les premiers mois, et c’est souvent le meilleur résultat possible.
Replanter trop tôt tasse un terrain fragile ; planter des espèces exotiques prive durablement la faune de nourriture.
Les animaux domestiques reviennent parfois seuls
Un chat perdu revient souvent sur son territoire deux à trois semaines après l’événement.
Gardez le point ouvert sur la carte et ne le clôturez pas trop tôt : c’est ce qui permet à un voisin de faire le rapprochement.
Questions fréquentes
Les questions qui reviennent le plus souvent auprès des centres de sauvegarde et des bénévoles du secteur.
Puis-je nourrir un animal sauvage ?
Hors sinistre, non. Le nourrissage crée une dépendance, rassemble les animaux au même endroit et propage les maladies.
Pendant et après un sinistre, l’eau reste toujours justifiée. La nourriture, seulement sur avis d’un centre de sauvegarde.
J’ai trouvé un faon seul, est-il abandonné ?
Presque jamais. La mère le laisse immobile pendant des heures et revient le nourrir.
Un faon touché ou déplacé peut être rejeté. Éloignez-vous, et revenez vérifier douze heures plus tard.
Un oiseau est tombé du nid, que faire ?
S’il a des plumes, il apprend à voler : laissez-le, mettez-le simplement hors de portée des chats.
S’il est nu, remettez-le au nid si vous le voyez ; sinon appelez un centre de sauvegarde. Il est faux que l’odeur humaine fasse rejeter un oisillon.
Un hérisson dehors en plein jour, est-ce grave ?
Oui. C’est un animal nocturne : un hérisson visible en journée, immobile ou titubant, est en détresse.
Appelez un centre de sauvegarde le jour même. En attendant, un carton, une serviette, de l’eau, et le calme.
Ai-je le droit de garder un animal sauvage chez moi ?
Non. La détention d’un animal d’espèce protégée est interdite, même avec de bonnes intentions et même quelques jours.
Le transport jusqu’à un centre de sauvegarde, lui, est attendu de vous.
Qui paie les soins d’un animal sauvage ?
Les centres de sauvegarde soignent gratuitement, et vivent de dons.
Rien ne vous sera demandé. Un don au centre reste la façon la plus efficace d’aider après avoir déposé un animal.
Combien de temps un animal peut-il rester dans mon jardin ?
Le temps qu’il choisit. Tant qu’il boit, se déplace et ne présente pas de blessure, il n’y a rien à faire d’autre que de le laisser tranquille.
Faut-il signaler un animal simplement aperçu ?
Oui si le lieu compte pour les secours ou pour les bénévoles : un rassemblement inhabituel, un animal piégé par une clôture, une route dangereuse.
Non s’il va bien et n’est pas menacé. La carte perd sa lisibilité si tout y figure.